Gerty ARCHIMEDE
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Première femme avocate de Guadeloupe et première femme guadeloupéenne députée à l’Assemblée nationale, Gerty Archimède a œuvré pour la justice sociale, l’égalité des droits et l’émancipation des femmes.
Une jeunesse inspirée par l’exemple paternel
Née le 26 avril 1909 à Morne-à-l’Eau, en Guadeloupe, Gerty Archimède grandit dans une famille engagée : son père, Justin Archimède, homme politique radical-socialiste, fut maire de Morne-à-l’Eau durant 37 ans. Ce contexte familial lui transmet très tôt un sens aigu de la responsabilité publique et du combat pour l’intérêt général. Elle poursuit des études de droit en Guadeloupe, puis les finalise à la Sorbonne à Paris où elle obtient son diplôme, prête à défendre les causes des plus modestes.
Une pionnière du barreau guadeloupéen
En décembre 1939, Gerty Archimède prête serment, à 30 ans, au barreau de Guadeloupe. Devenant la première femme avocate de Guadeloupe mais aussi la première avocate noire de France et la première femme avocate des Antilles françaises. Elle ouvre alors son cabinet à Pointe-à-Pitre puis à Basse-Terre et se consacre à la défense des plus démunis : ouvriers, femmes, travailleurs sans moyens. Elle plaide pour une justice accessible à tous, devenant une figure incontournable de la défense des droits dans l’île.
Une entrée marquante en politique
En 1946, elle est élue députée de la Guadeloupe à l’Assemblée nationale sur la liste du Parti communiste. Devenant ainsi la première femme guadeloupéenne à siéger au Palais-Bourbon. Elle s’investit dans la commission de la famille, de la population et de la santé publique. Elle milite et travaille notamment sur les droits civiques, l’amélioration des conditions de travail et l’égalité entre hommes et femmes.
Un engagement féministe concret et courageux
Gerty Archimède milite activement pour les droits des femmes aux côtés de l’Union des Femmes Françaises (UFF). Elle fonde alors l’Union des Femmes Guadeloupéennes (UFG), en 1946, avec notamment Mme George Tarer et Mme Daninthe (plus connue sous le nom de Lucie Julia). Elle organise des conférences, des actions collectives, des campagnes pour la scolarisation des filles et l’amélioration des conditions de vie des femmes. Gerty incarne une figure de l’émancipation féminine aux Antilles.
Une figure proche du peuple
Après son mandat parlementaire, elle poursuit son activité d’avocate et reste très présente sur le terrain. Membre actif du Parti communiste, conseillère municipale, militante associative, elle ne cesse de s’investir dans la vie publique locale. Elle est connue pour son franc-parler, sa grande intégrité et son écoute. Elle avait d’ailleurs beaucoup de clients modestes qui la payaient avec des vivres.
Une anecdote inspirante
En 1969, alors que l'activiste afro-américaine Angela Davis est menacée d’arrestation, par la douane française, à son arrivée en Guadeloupe pour « propagande anticolonialiste », Gerty Archimède intervient. Grâce à son soutien décisif et son influence, Angela Davis et ses compagnons évitent l’emprisonnement et peuvent poursuivre leur route vers Porto Rico. Cet acte illustre la solidarité entre les luttes anticoloniales, antiracistes et féministes de l’époque.
Un héritage puissant
Gerty Archimède s’éteint le 15 août 1980 à Basse-Terre, à l’âge de 71 ans. Jusqu’à la fin de sa vie, elle reste une figure respectée du barreau et de la vie publique guadeloupéenne. « On ne naît pas avocate ou députée, on le devient quand on veut que la justice s’applique à tout le monde » disait-elle. Par son parcours exceptionnel, Gerty a ouvert la voie à de nombreuses femmes dans le monde juridique et politique. Son nom incarne le courage, la solidarité et la fidélité aux valeurs de justice.
Dates clés
- 1909 : naissance à Morne-à-l’Eau, Guadeloupe
- 1939 : première avocate noire de France et première femme avocate des Antilles françaises
- 1946 : élue députée à l’Assemblée nationale, une des premières de Guadeloupe
- 1946 : création de l'Union des Femmes Guadeloupéennes
- 1969 : Evite l’emprisonnement à Angéla Davis
- 1980 : décès à Basse-Terre